L'ergonomie dans l'informatique
Qu'est-ce que l'ergonomie ?
Ergonomie : du grec ergon (travail) et nomos (lois) -> science du travail
Voici une définition parmi tant d'autres :
L’ergonomie (ou l’étude des facteurs humains) est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les êtres humains et les autres composantes d’un système, et la mise en œuvre dans la conception de théories, de principes, de méthodes et de données pertinentes afin d'améliorer le bien-être des hommes et l'efficacité globale des systèmes.
Les objectifs de l'ergonomie
Malgré les quelques différences entre les différentes définitions que l'on peut trouver sur l'ergonimie, un élément central fait l’unanimité : un outil ergonomique doit être adapté aux caractéristiques des hommes qui l’utilisent. L’ergonomie est la discipline qui recherche cette adéquation entre caractéristiques humaines et caractéristiques de la machine.
Dans ce cadre, on peut considérer comme caractéristique aussi bien quelque chose de constitutionnel, physiologique, propre à l’espèce que quelque chose qui tient du comportement, et des habitudes. On étend aussi souvent les caractéristiques de l’utilisateur à tout ce qui définit son contexte de travail (par exemple, les
caractéristiques du matériel informatique d’un utilisateur font partie des caractéristiques de celui-ci).
Multidisciplinaire, l’ergonomie prend sa source aussi bien dans le domaine de la médecine qu’en psychologie, en sociologie
ou en linguistique. Selon Sperandio, ce qui fait la spécificité
de l’ergonomie est son objectif, à savoir modifier les outils pour qu’ils soient plus adaptés à leurs utilisateurs.
Le travail de l’ergonome sera guidé par l’idée de concevoir pour le plus grand nombre d’utilisateurs, ou pour un groupe
d’utilisateurs donné, avec des caractéristiques propres (enfants, déficients visuels, hommes d’environ 30 ans experts avec
l’outil informatique, etc.)
Au delà de cette définition générale, on peut distinguer plusieurs types de questions en ergonomie. On peut s’intéresser à des problématiques d’ergonomie physique (adaptation de l’outil aux caractéristiques physiologiques et morphologiques de
l’être humain ou d’une certaine population) ou d’ergonomie mentale (adaptation des outils au fonctionnement cognitif des
utilisateurs).
De nombreuses préoccupations naissent de ces questions, concernant notamment l’organisation du travail, l’analyse
des risques, l’accidentologie, les maladies professionnelles, les ambiances physiques (ambiances lumineuses, acoustiques,
thermiques), l’intégration de problématiques psychologiques...
L'ergonomie en Informatique
L’ergonomie informatique a pour objectif d’améliorer le dialogue entre l'Homme et la machine. L’atteinte de cet objectif passe souvent par le recours à des méthodes d’ergonomie générale, et notamment d’analyse du travail. C’est notamment
le cas lorsqu’on doit intégrer un langage opératif dans une application professionnelle ou spécialisée. L’extraction d’un tel langage fonctionnel, supportant la réalisation des tâches, passe nécessairement par une analyse de l’activité, des techniques d’observation et d’entretiens.
Une grande partie des connaissances scientifiques sur lesquelles se base l’ergonomie informatique provient du champ
de la psychologie cognitive. Comme on l’a déjà évoqué, la distinction entre psychologie et ergonomie à ce niveau tient
essentiellement à leur objectif respectif. Elles ont le même objet d’étude, mais l’ergonomie a par définition une vocation de
changer les choses, sur le terrain.
Dans le domaine de l’informatique, on distingue en général ergonomie du logiciel et ergonomie web. Chacun de ces secteurs a des particularités qui conditionnent la manière dont on concevra l’application.
Un logiciel et un site web n’ont pas les mêmes objectifs, ne sous-tendent pas toujours le même type de tâches, peuvent être
destinés à des cibles différentes. De plus, les technologies influencent beaucoup les aspects d’architecture et de surface des
applications.
Enfin, les standards existant dans ces deux types d’interfaces sont totalement différents. L’interfaçage même des styles de
dialogue est différencié. Web et logiciel présentent donc des besoins spécifiques, qu’on doit considérer dans leur contexte.
Cette distinction entre logiciel et web tend cependant à se réduire, de plus en plus d’applications professionnelles passant à une problématique web. C’est alors, plus que le type d’application, le type de public qui distingue le mieux les interfaces et le travail que l’on réalisera dessus.
En effet, le facteur prépondérant pour appréhender l’ergonomie d’une interface est la population à laquelle est destinée cette interface. On doit définir ses caractéristiques et leurs implications, sa connaissance de l’outil informatique, son expertise dans l’activité supportée par l’interface...
L’analyse de la demande permettra d’identifier cette cible utilisateur ainsi que ses caractéristiques. La définition de la cible déterminera à la fois les choix méthodologiques mais aussi la teneur des recommandations, la vision que l’ergonome aura
de l’interface et des points critiques à prendre en compte.
Optimisation d'une interface
Etre confronté à une interface, c’est :
- Recueillir des informations par des voies perceptives (vision, audition, toucher...)
- Effectuer des traitements cognitifs pour comprendre ces informations
- Eventuellement répondre au système en engageant des actions motrices (gestes, commandes vocales, ou actions sur un outil tel que souris, écran tactile, clavier...)
Optimiser l’interaction d’un utilisateur avec un système informatique c’est donc intégrer des notions d’ergonomie physique et mentale. L’ergonomie des interfaces doit s’intéresser à la fois aux caractéristiques physiques et perceptives des utilisateurs et à leurs caractéristiques cognitives.
Utilité de l'ergonimie
Le but d’une application informatique est qu’elle soit utilisée, et qu’elle le soit de façon efficace. Si une interface est difficile à utiliser, si son fonctionnement est difficile à comprendre, la personne :
- N’utilisera pas l’interface ou tentera d’y substituer d’autres outils
- Utilisera l’interface par obligation de résultats, mais de façon dégradée : elle ne pourra pas réaliser ses actions
efficacement ou rapidement. De plus, elle aura sans doute une perception très négative de son interaction avec le système.
L’ergonomie a pour objectif d’améliorer l’interaction des hommes avec les systèmes. Il s’agit que la machine soit conçue ou modifiée pour entrer en adéquation avec les caractéristiques physiologiques, perceptives et cognitives de ses utilisateurs potentiels.
Ces derniers pourront alors interagir efficacement avec le système informatique.
Il en découle des gains de temps et d’argent, mais aussi une satisfaction de l’utilisateur.
Il s’y ajoute une optimisation de la sûreté de fonctionnement lorsque le système avec lequel l’utilisateur doit interagir est un
système dit “à risque” (domaines industriels, chimiques, nucléaires, ...).
Les ergonomes peuvent donc être amenés à travailler dans le domaine industriel (interfaces de visualisation, de saisie ou de transmission d’informations, interfaces de commandes...), ou pour des applications plus classiques (logiciels, sites internet, intranet, extranet...).
Le travail de l’ergonome est en grande partie déterminé par l’objectif de l’application, à vocation professionnelle ou grand public, destinée à une cible d’utilisateurs aux caractéristiques particulières (enfants, déficients visuels, hommes d’environ 30 ans experts avec l’outil informatique...)
Quelques méthodes
L’amélioration d’une interface d’un point de vue ergonomique peut être apportée par plusieurs moyens. La conjugaison de ces moyens permettra de s’assurer de la qualité d’utilisation de l’application.
On peut distinguer deux grands types de méthodes :
- Celles faisant appel aux utilisateurs, avec des indicateurs de performance ou plus subjectifs (questionnaires de
satisfaction/ de préférences, tests utilisateurs, focus groups, analyse des tâches, tris de cartes ...)
- Celles uniquement basées sur l’intervention de l’ergonome (inspection experte, évaluation heuristique, cognitive
walkthrough, benchmarking pour le Web ou revue de systèmes et produits similaires pour les solutions logicielles). Ces méthodes sont centrées sur le produit lui-même.
On utilise l’une ou l’autre de ces méthodes en fonction des caractéristiques de l’application (contexte d’utilisation, cible, refonte ou conception pure...) et de la phase courante du projet.